Date : 9 mars 2008
Pas trop d’aventures cette semaine, en fait certainement moins puisque l’on parle d’un récapitulatif d’il y a environ deux semaines (texte écrit fin mars).
C’est l’anniversaire de Louis-Fred, et comme le veux la tradition, il a le choix du jeu. Il arrête son choix sur Indonésia. Il a encore en mémoire la douce défaite d’il y a près de douze mois. L’agonie fut lente, mais profonde et son deuil est finalement terminé. Il semble démontrer, toutefois, une soif étonnante de vengeance. Marc-André l’assouvit en lui offrant de l’eau à bulles. Ouf, la tension s’évapore au fur et à mesure que les bulles semblent pèter à la surface. Y a-t-il donc réaction chimique entre l’explosion de bulles et l’affaissement soudain de ses besoins de destruction? Si c’est le cas, je recommande grandement l’installation d’une fontaine d’eau gazéifiée dans son bureau ainsi que dans son salon. Ça expliquerait aussi son supposé dédain pour les seins gonflés au silicone. Et tout ça, à cause d’une mystérieuse défaite à l’emporte-pièce en 2008.
Rappel début 2008
Pour mettre les choses en perspective, Indonésia se compte au point de victoire et le gagnant a généralement entre 1400 et 1800 points. Or, lors de la séance précédente, Greg est sorti victorieux et Louis-Fréderic, loin derrière en deuxième position avec environ cent points de recul. La soirée, bien finie, le pied d’un coté de la porte et l’autre de l’autre, il se rappelle soudainement que lors d’une transaction effectuée en milieu de partie, soit deux heures plus tôt, il aurait fait une erreur de calcul en la faveur de Greg d’environ 70 unités de monnaie. Ce qui le ramènerait à 40 points devant. Greg, magnanime, dans son élan de bonne volonté lui demande de lui montrer la preuve ou toute reprise vidéo qui démontrerait ses dires et en échange il lui concéderait les points « dits » litigieux. Greg, désolé de voir que le plaignant ne pouvait se résoudre à faire la démonstration de sa victoire virtuelle, dû garder la victoire…le sourire mesquin en coin, il s’éloigna vers le métro !!
Rappel sur Indonésia
Rappelons rapidement que le jeu se passe en Indonésie, le but est de gagner et le plus riche l’emportera. Le concept, simple en apparence, consiste à maximiser la livraison de biens en utilisant une ou des compagnies de transports et ce durant les trois aires de jeu. Le produit livré, dans une des villes de trois niveaux, apporte une ristourne au propriétaire de l’entreprise après que les frais de transports aient été payés. Plus la destination est éloignée du point d’origine, plus le transporteur émet des coûts élevés. Si les villes à proximité ont déjà atteintes leur capacité de réception de marchandise (dépendamment de leur niveau), il est bien possible qu’un bien soit transporté beaucoup plus loin et livré à perte.
Les tuiles
Ère A : Riz, Épice, Transport
Ère B : Caoutchouc, Siap Faji (fusion d’une compagnie de riz et d’épice)
Ère C : Huile
Notez que chaque joueur développera aussi des habilités que l’on appellera « technologies » qui leur permettront de multiplier la valeur de leur enchère, de faire des fusions, des acquisitions, d’améliorer leur capacité de transports ou simplement de faciliter leur expansion.
Retour au 9 mars 2008
C’est alors que je compris que le feu de vengeance qui s’attisait dans ses yeux n’était en fait qu’une flamme ardente de désir envers ce jeu qu’il affectionne particulièrement. Était-ce en fait la couleur torride de la boite brune qui l’excitait si profondément ou la mécanique particulièrement économique de ce jeu? Avec des questions perspicaces sur les variations de son poids au cours des 12 dernières années, j’ai essayé, mais en vain, de déceler tout élément de réponse. Pendant qu’il se prêtait à tout ce questionnement rigoureux que je lui imposais subtilement, le jeu était en « mode installation ».
Alea Jacta Est, Mathieu gagne le rôle de premier joueur, Louis-Fred deuxième, Marc-André suivra alors que Greg qui est encore en train de se peser, fermera la marche. L’encan a lieu, les rôles sont totalement inversés, c’est parti !
Je commence donc en prenant une compagnie de riz, à ma grande surprise Marc-André suit avec une compagnie de riz aussi, sachant qu’il ne livrerait rien à ce tour ci. Louis-Fred, décide de s’emparer d’une compagnie de transport et il mouille sa première embarcation au sud des eaux territoriales de ma compagnie. Mathieu s’emparera à son tour d’une compagnie de transport.
Comme toujours, Louis-Fred jouera une partie qui sera un amalgame de « acquisition et fusion », et ce malgré le fait qu’il sera à la tête de plus de deux compagnies différentes de transports maritimes en première et deuxième aire. C’est au troisième tour qu’il annoncera la première fusion, créant ainsi la première compagnie de transport élargie. Puisque j’avais à ce moment un jeu mixte étant partagé entre la transportation de biens et la production, je ne pouvais qu’espérer que les acquisitions subséquentes feraient fi des bateaux qui allaient s’engloutir avec l’arrivée de la phase B.
Malgré mes espérances, Louis-Fred en décida autrement et prit possession, encore une fois, d’une entreprise navale. Au vu de l’abondance des choix de transports et me rappelant que selon Marc-André et moi-même les chances de victoires sont inversement proportionnelles au niveau de concentration des bateaux sur la carte de l’Indonésie, je décidai de ne pas me lancer ultérieurement dans cette approche. L’objectif de mes activités maritimes n’aura que pour seul but de desservir mes activités de productions.
Sans pour autant en parler à mon ennemi de gauche, ce dernier sembla opter pour la même stratégie. Pendant que Mathieu se targue d’être le leader mondial de la flotte marchande, je lui prédestinais une agonie lente, mouillée et même salée.
C’est donc vers le caoutchouc que j’allais diriger mes activités futures en me lançant dans une compétition farouche avec Marc-André. Louis-Frédéric, de son côté, fort de ses connaissances en gastronomie et fervent partisan de la cuisine moléculaire, il n’hésita pas à se trahir lui-même en se dérogeant de son idéologie culinaire et se lança contre toute attente dans la production de Siap Faji, une nourriture micro-onde composée de riz et d’épices. Il lançait donc le 9 mars 2008 aux environ de 21h45, sa première distribution de « Kraft Diner Oriental ».
Dès lors Marc-André se la coula douce avec ses livraisons répétées de riz et d’épices tout en jouant à couteau serré dans le monde du caoutchouc. Les livraisons allaient bon train, et Mathieu, poursuivant ses activités uniquement dans le marché de livraison, s’approchait du point de non-retour. Le glas était sur le point de sonner.
La « phase C » arriva, Marc-André sorti ses grands airs de Bill Gates, rapace comme un vautour, il sorti ses griffes et annonça une fusion surprise. La totalité des caoutchoucs se retrouvèrent donc sous la même effigie et c’est moi qui héritai de la nouvelle multinationale.
Encore une fois, la phase C fut la plus courte. Par habitude, elle semble durer deux tours, des fois un seul et très rarement trois. Cette fois-ci, elle ne dura qu’un seul tour.
Lors de ce dernier tour, tous les frais et revenus sont doublés. Puisque l’huile vient d’apparaître dans cette phase, les heureux propriétaires n’en profiteront pas pleinement. La presque totalité des livraisons est effectuée. Le décompte final a lieu, Marc-André ne démontre pas de surprise et annonce ma victoire avant le décompte final. Le décompte est fait, il avait raison, c’est la victoire.
Classement final
#1 Greg (~ 1800 pts)
#2 MAL (plus de 150 pts de retard sur le #1)
#3 LF (un peu moins de 100 pts de retard sur le #2)
#4 Mathieu (un retard phénoménal sur le #1)
Encore une fois, il semble que la conclusion que je tire de cette soirée n’est pas seulement le maintien de Louis-Fred en dehors du classement de tête, mais surtout le fait que la création de la totalité des compagnies maritimes ont créé une trop grande concentration de possibilités de livraisons et les profits qui en découlent ont été minimisés. Je ne prétends pas que ce soit une règle d’or, mais c’est une constatation qui perdure depuis ma toute première partie jouée. Une constatation qui a un appui inconditionnel de Marc-André. Je vais donc essayer, lors de la prochaine partie, de jouer le rôle de Capitaine Hadock et par conséquent de m’attaquer à la livraison des ressources, on verra si je peux faire mieux et si notre théorie tient la route ou si elle doit prendre le bord.
Note sur le jeu Indonésia (2005)
Joueurs : 3-5 (best 4, recommanded 4-5)
Temps de jeux : 3h00 (4h30)
Ma note : 8.5 /10
Mon commentaire : Long, très long mais toujours très bon. Dans mon top 10
Interaction : génial, l’enchère, le principe de fusion et le principe d’acquisition forcent une interaction tout comme le fait de jouer premier en utilisant des chemins de distribution qui nuiront à l’adversaire.
Note BGG : 7.74/10
Rang BGG : 86
Hyperlien utiles
BGG: http://www.boardgamegeek.com/boardgame/19777